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Retour aux sources de la Vézère

SOCIETE D'ETUDES ET DE RECHERCHES PREHISTORIQUES DES EYZIES
Vézère : retour aux sources
La Vézère est une rivière qui traverse le département de la Dordogne. Le mot Vézère viendrait du mot izarra signifiant « le cours d’eau ». 
Entre Montignac-Lascaux et Les Eyzies de Tayac, les falaises qui bordent ses berges ont abrité des générations d'hommes préhistoriques sur des dizaines de milliers d'années.  

Classée au patrimoine de l'UNESCO, ce segment entre ces deux villes a pris le nom de Vallée de l'homme. Mais cette rivière ne se limite pas à cette seule région. En effet elle prend ses sources dans une région "au bout du monde" : le plateau de Millevaches en Limousin plus particulièrement la tourbière de Longeyroux. 
 

SUR LE PLATEAU DE MILLEVACHES : LES SOURCES DE LA VEZERE 

                                                    Le centre de la tourbière (photo Dominique Bombaud, 05-2018)

Cette zone de 255 hectares occupe le fond d’une dépression granitique. Une tourbière résulte de la décomposition de la matière organique au contact d’une eau froide et acide. Ici la tourbière s’est installée il y a environ 8000 ans. Elle est habitée d’un faune pauvre et rare : lézard vivipare, vipère péliade, pipit farlouse et est survolée par l’aigle aux serpents, le circaète Jean-le-blanc. La présence très discrète de la loutre indique la pureté des eaux comme à l’étang des Oussines plus en aval.

                                                                       Vipère péliade (venimeuse)

Le lézard vivipare : Par Lairich Rig, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=13821924 et La Pipit Farlouze par Jenny Jones (Flickr) [CC0], via Wikimedia Commons https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/02/Meadow_Pipit_by_Jenny_Jones.jpg

Le circaète Jean Le Blanc. Par Orchi — Photographie personnelle,CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?


Si on cherche on ne trouvera rien. Pourtant la tourbière masque les sources de la Vézère. Ici l’eau sourd sous la tourbière rendant impossible la situation précise des sources. Elles se rassemblent et s’écoulent pour former le ruisseau puis la rivière.

En dehors de la tourbière, sur les flancs de la cuvette, des filets multiples descendent, s’écoulent et se regroupent dans le ruisseau et la tourbière. 

Quelques dates :  
-8000 ans : l’eau stagne dans la cuvette, des plantes s’y installent 
-5000 ans : il n’y a plus d’eau libre, la végétation a tout envahi et la tourbe (décomposition) s’épaissit. 
-3500 ans : gonflée au maximum la tourbière ne peut plus se développer et commence à s’assécher. 

 Aujourd’hui la tourbière s’assèche de plus en plus. Des arbres poussent. Avec le temps ce sera une forêt qui pourrait s’élever ici. 
Mais la Vézère existait déjà avant la tourbière. Elle coulait il y a plus de 2 millions d’années, au tertiaire.  
Fréquentée dès la préhistoire, son cours est fortement occupé depuis ses sources, de l’époque gallo romaine à l’époque médiévale. 

                                                                    Exemple de biface, Photo Musée des Eyzies

On voit des signes d’occupation humaine avant la formation de la tourbière.

Ce biface trouvé à proximité - commune de Lontrade - le montre.

Datant du moustérien et bien taillé par un néanderthalien cet outil reste une énigme. En effet, la dernière glaciation – Würm- engendrant des conditions climatiques exceptionnelles, interdisait toute présence humaine permanente sur le plateau. Néanmoins, des interstades ont pu permettre des campements temporaires. Il se peut aussi que cet outil fut apporté après la glaciation.
 
Il faut attendre la fin de la glaciation vers – 10000 ans pour voir l’homme de Cro Magnon venir s’installer de façon plus durable sur la montagne Limousine. Des éléments avancés s’installèrent dans la région de Treignac.
  
En effet, en 1965, on découvrira sur la commune de Lestards à l’occasion de travaux hydro-électriques dans un méandre et par hasard, au lieu-dit du Gour Noir un gisement magdalénien. D’une superficie de 400 m², il livrera près de 350 pièces diverses en silex noir et blond (crétacé du Périgord) : éclats, lames et lamelles, grattoirs et burins.
 
Pendant la période du mésolithique, le climat et la faune évoluent permettant des installations plus durables. On trouva sur la commune de Barsanges deux lames en silex. 

Du néolithique, on trouva des nucléus, lames, racloirs, burins et pointes de flèches.
  
Ces découvertes se concentrent sur la commune de Pérols sur Vézère : la Cheminade, Chaumeil, Combe, Aux Amouriers, Barsanges, la Fontchaunade, Perrouyet, Pey-Rondet. 

Une hache en pierre polie à Bézeau et à Rochefort commune de Viam, à Chabannes commune de Saint Merd les Oussines. 

Un grattoir en quartz à Lagorse commune de Tarnac, une pointe et un grattoir en silex à Plazanet commune de Viam. 

Sur le site des Jaillants commune de Pradines des grattoirs et des lissoirs. 

Plus tard, l’âge du bronze laissera des tumuli sur les pentes qui entourent la tourbière. Quelques objets seront découverts dont une hache de bronze dans la tourbe sur la commune de Pérols sur Vézère. 


PROMENADE DANS LA TOURBIERE

Filet d’eau descendant du Puy Pendu et s’agrégeant à d’autres au sein de la tourbière. (photo Dominique Bombaud, 05-2018)


Chemin pédagogique parcourant la tourbière (Photo Dominique Bombaud, 05-2018)


Une marre ... (Photo Dominique Bombaud, 05-2018)


L’eau, abondante, submerge le chemin. (Photo Dominique Bombaud, 05-2018)


Station pédagogique près d’une marre (Photo Dominique Bombaud, 05-2018)


... la plus belle des habitantes de la Vézère : la loutre !


BIBLIOGRAPHIE : 

Marie Madeleine Macary, la Correze, Ed Fernand Lanore 1978 

Raymond Pérel, Le pays de Bugeat dans l’histoire, Ed les amis du pays de Bugeat 

Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Vézère 

VAZEILLES Marius, Bulletin de La SERPE :  
Présentation de quatre haches. (Bulletin N°9, 1959, p 70 à 71)  
Quelques silex taillés du Plateau de Millevaches (Corrèze et Creuse). (Bulletin N°10, 1960, p 127 à 129) 

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