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La culture Jomon

SOCIETE D'ETUDES ET DE RECHERCHES PREHISTORIQUES DES EYZIES
L’ART PRÉHISTORIQUE AU JAPON :  LA PARURE PALÉOLITHIQUE, LA FIGURINE ET LA POTERIE DE LA CULTURE JȎMON) 

Auteurs : JANNU IGARASHI (Tokyo University of the Arts) et TAKASHI NAGANUMA (Hokkaido Archaelogical Operations Center) (Bulletin 67 paru en août 2018)
INTRODUCTION
Dans l’archipel japonais, qui se situe à l’est du continent eurasien, mais qui est isolé du continent et des îles de l’Asie du sud-est, des parures du Paléolithique Supérieur, des figurines en pierre, des statuettes en terre cuite et des poteries de la culture Jômon ont été découvertes. 

La première population au Japon est du Paléolithique Supérieur, avant l’apparition de la poterie. Les poteries les plus anciennes découvertes actuellement datent de -16 000 ans au Japon, -16 000 ans en Sibérie et -18 000 ans en Chine (Kuzmin 2013). 

L’apparition des poteries en terre cuite, qui s’appellent « Jômon doki », est importante pour la chronologie préhistorique du Japon. La culture Jômon n’est pas tout à fait celle du Néolithique. À la période Jômon, la fabrication des poteries, la sédentarisation de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs et rarement la plantation primitive du châtaignier etc. ont été réalisées, et la riziculture apparaît à partir de la fin du Jômon, mais pas à Hokkaïdô, où l’agriculture vraie n’existe pas avant l’époque moderne.

1. Parure du Paléolithique
L'apport d'Alain Testart
Dans son ouvrage posthume Art et religion, de Chauvet à Lascaux, paru chez Gallimard (2016), l'anthropologue Alain Testart (1945-2013) émet une interprétation – empreinte de totémisme – de l'ensemble de l'art des grottes. Démarche doublement courageuse, eu égard à la défiance généralement de mise dans la communauté scientifique face aux théories jugées trop globalisantes, ainsi qu'au fait que l'auteur, disparu prématurément, a manqué de temps pour affiner son propos et lui apporter les nuances que réclament les singularités de chaque site.  
 
 Trois orientations principales structurent l'ouvrage :  
- L'art pariétal traduit une pensée classificatoire : comme dans les fables, les animaux n'apparaissent pas comme tels, mais comme des miroirs tendus à notre (in)humanité.
- Les signes (traits et points exceptés) dériveraient de portions anatomiques de représentations féminines inversées.  
- L'agencement des représentations de certaines grottes (en particulier Lascaux) prend la forme de « tourbillons ».
 
À la faveur du temps passé devant la paroi lors de nos opérations de prospection et de relevé de gravures, et parce que je prenais connaissance de son travail à ce moment-là, il m'a ainsi paru possible de confronter certains aspects de la riche lecture d'Alain Testart au dispositif symbolique propre à la grotte du Sorcier. Il ne s'agit pas de faire de transposition, mais simplement de réaliser quelques emprunts que je me garderai de généraliser, chaque grotte ayant une organisation topographique et un « fonctionnement » symbolique spécifiques.  

Brève description de la grotte du Sorcier et de son art  
Comment Homo sapiens est arrivé à l’archipel japonais ? Au Paléolithique Supérieur, il y avait trois routes : la plus au nord est celle de la Sibérie, la route à moyenne latitude au Japon est celle de la péninsule de la Corée, et la plus au sud est celle de l’île de Taiwan, (fig. 1) (Kaifu 2016). Hokkaïdô est une grande île, la plus au nord du Japon, qui occupe 21 % du territoire du Japon, et qui a été attachée au continent asiatique à l’époque glaciaire, autrement dit Homo sapiens a migré à Hokkaïdô par la route terrestre, il y a 25 000 ans. 

Kyushu est une grande île de l’ouest du Japon, qui est la région la plus proche de la péninsule coréenne. Homo sapiens est arrivé à Kyushu en naviguant, il y a 38 000 ans. 

Les îles Okinawa sont les îles les plus au sud du Japon, proches de l’île de Taiwan. Homo sapiens y est venu par la mer, il y a 35 000 ans.

Les Japonais ne se composent donc pas d’une seule population, mais de plusieurs se mélangeant depuis le Paléolithique Supérieur.

Fig. 1. La carte du Japon au paléolithique qui montre trois  
chemins par lesquels Homo sapiens est arrivé au Japon. 
(Carte fournie par Y. Kaifu).

1-1. Parure de Hokkaïdô 
Dans quatre sites paléolithiques à Hokkaïdô, les perles en pierre paléolithiqueS ont été découvertes.

Deux pendeloques et trois petites perles ont été découvertes au site de Yunosato 4, au sud-ouest de Hokkaïdô (Hata 1984). La matière première de ces pièces est identifiée. Les trois perles et une pendeloque sont en dunite, et une autre pendeloque est en ambre.

Ces matières lithiques ne se trouvent pas à Hokkaïdô. Elles ont donc probablement été apportées du nord-est du continent asiatique.

Fig. 2. 7 perles, provenant du site de Pirika (Hokkaïdô), Paléolithique Supérieur, -23 000 ans. (Photo crédit : Imakane town).
2. LECTURE DESCRIPTIVE
Le site de Pirika se situe à l’ouest de Hokkaïdô. Sept petites perles sont en dunite, (fig. 2) (Naganuma 1984). On pense donc également qu’elles sont originaires du continent. Les pendeloques et perles en dunite provenant de Yonosato 4 et de Pirika, ont des traces évidentes d’usure, et ont été découvertes dans la couche comprenant les nucléus à lamelles du type Rankoshi. Cela montre que ces sites sont contemporains.
 
Ensuite, le site de Kashiwadaï 1, qui se trouve à l’ouest du centre de Hokkaïdô, est un des plus importants du Paléolithique Supérieur au Japon, avec une perle et un art mobilier. La perle est en ambre rougeâtre sombre, (fig. 3). Les deux dates des charbons dans un foyer ont été obtenues par carbone 14 : -24 000 ans et -22 000 ans (Fukui et Koshida1999).  

Dans le site d’Obarubétsu, qui se trouve à l’ouest de Hokkaïdô, une pendeloque en talc tendre a été découverte en trois fragments (Sato 2002). Les nucléus à lamelles du type Togéshita et du type Pirika ont été découverts et leur âge peut être proche de celui de cette pendeloque et des sites précédents. 

Parmi les quatre sites, trois sites contiennent des pendeloques ou perles en dunite ou en ambre. Elles sont datées de -24 000 -22 000 ans avec les industries lithiques identiques. La technique, la parure ou la matière première de la parure ont été apportées du continent à Hokkaïdô. De surcroit, le pigment à Hokkaïdô date de vers -26 000  à -24 000 ans. Il a été utilisé probablement pour la tannerie. Il montre l’adaptation au climat extrêmement froid. La relation culturelle entre Hokkaïdô et le continent asiatique du nord-est était forte à cette époque.

Ces gravures se développent dans deux concavités adjacentes, sur un support très altéré, notamment dans la concavité de droite, en raison du moulage de cette portion de paroi qui a entraîné un écaillement superficiel assez conséquent. Les deux figures sont tournées à droite, le cheval de gauche « suivant » le profil anthropomorphe ; elles sont séparées physiquement par une arête assez prononcée de la paroi, et donc gravées sur deux plans topographiques distincts. J'en infère qu'elles ne sont pas en interaction sur le plan symbolique.  
 
Le trait de poitrail et la jambe avant du cheval peuvent également se lire comme le bord d'une possible représentation vulvaire, qui se confond avec les tracés de l'animal. Ce cheval n'a pas d'œil ; le profil bestialisé est, lui, doté d'un œil qualifié d'« ovale » par Brigitte et Gilles Delluc (1987), aujourd'hui vestigial.

Fig. 3. Perle en ambre, provenant du site de  Kashiwadaï 1 (Hokkaïdô), Paléolithique 
Supérieur, -24 000 ans ~ -22 000 ans. (Photo crédit : Hokkaido Archaeological Operations Center).

1-2. Parure de Honshû
Honshû est la plus grande île au Japon. Il y a deux sites dans lesquels les parures ont été  découvertes. 

Il y a deux pièces de parure dans le site de Togéyamabokujô (Takahashi et Kikuchi 1999). Ce site se trouve à Iwaté, au nord-est de Honshû. La matière première de ces pièces est en talc-schiste. Une pièce percée est une pendeloque. L’autre qui a été gravée et qui a des encoches, est probablement une  pendeloque qui a été liée à un fil pour être suspendue, (fig. 4). 

Dans le site de Fujiïshi, qui se trouve à Shizuoka, au centre de Honshû, une pierre perforée de 9 cm a été découverte (Nakamura 2012). Elle est lourde, 56 grammes et trop grande comme parure, mais un peu plus légère que les pierres des industries lithiques. Elle se trouve dans la même couche archéologique avec des pointes lancéolées et des couteaux à dos, datant du Paléolithique Supérieur. 

Les matières premières des parures de Honshû sont originaires de la région. Ces parures ont été datées de - 24 000 ans ~ -22 000 ans. Les formes de la parure de Honshû sont uniques, différentes de celles de Hokkaïdô.

Fig. 4. Pendeloque gravée, provenant du site de Togéyamabokujô 1, Paléolithique Supérieur, -24 000 ans ~ -22 000 
ans. (Photo crédit : Agency for Cultural Promotion Iwate Prefecture, The Research Institute for Cultural Artifacts).

I-3. Parure d’Okinawa
Récemment, des squelettes humains et des coquillages paléolithiques, etc. ont été découverts à Okinawa (Kaifu 2016). Dans la grotte de Sakitari, les parures paléolithiques ont été découvertes en 2016. Il y a des outils paléolithiques et des parures en coquillages, (fig. 5).

Fig. 5. Parures en coquillage, provenant de la grotte de Sakitari, Paléolithique Supérieur, - 23 000 ans. (Photo crédit : Okinawa 
prefectural museum and art museum).


Fig. 6. Pierre gravé, provenant du site de Kashiwadaï 1 (Hokkaïdô), Paléolithique Supérieur, -24 000 ans ~ -22 000 ans. (Photo 
crédit : Hokkaido Archaeological Operations. Center) 

2. Art mobilier préhistorique au Japon
2-1. Art mobilier au Paléolithique
Des pierres gravées ont été découvertes dans deux sites paléolithiques. Dans le site de  Kashiwadaï 1 (Hokkaïdô), un objet en pierre gravé a été découvert, (fig. 6) (Fukui et Koshida 1999). C’est un galet naturel en andésite, avec neuf lignes et quatre lignes gravées aux deux bords sur la partie supérieure. Une interprétation y voit, dans la partie incisée, le dos d’un animal. Une autre y voit les poils d’un cheval ou d’un bovidé.

Dans le site de Kamihikikiri (Chiba), à Honshû, une plaquette en pierre gravée a été découverte (Watanabe et Nakano 1997). Elle porte un trait en zigzag et dix lignes minces ondulées. Selon un archéologue japonais, H. Harunari, le trait en zigzag représente un « bois de Sinomégacéros » (Harunari 2004). Le bois de mégacéros est énorme et zigzagué, mais ce dessin est trop abstrait et trop fragmenté pour une bonne identification. 

Fig. 7. Évolution graphique formelle des profils anthropomorphes 24, 25 et 18 selon le sens de lecture adopté. 
(relevés et DAO F. Berrouet et R. Pigeaud)

2-2. Art mobilier de la culture Jômon
2-2-1. Galets gravés de Kamikuroïwa, Jômon naissant (- 16 000 ans ~ - 9 000 ans)
À la période Jômon naissant, 13 galets gravés ont été découverts dans un site à Èhimé dans l’Île de qui s’appelle l’abri de Kamikuroïwa (Harunari et Kobayashi 2009). Ce sont les « vénus » de Kamikuroïwa. Ils ont été découverts dans trois couches qui datent de -14 500 ans, jusqu’à -12 500 ans, (fig.7) (Harunari 2009). Douze galets gravés sont en schiste vert, et un en serpentine. Leur taille et leur forme sont homogènes, avec environ 4 ou 5 cm de longueur, 2 ou 3 cm de large, 5 ou 6 mm d’épaisseur. En général, deux faisceaux de traits verticaux, gravés dans la partie supérieure sur le côté, représentent probablement des cheveux. Une ou deux lignes en U, qui ont été gravées dans la partie supérieure sur le même côté, sont probablement des seins féminins. Un trait transversal, un alignement de traits verticaux ou des traits en zigzag ont été gravés  
dans la partie inférieur sur le même côté. C’est comme une ceinture ou une jupe. Sur le côté verso, une croix en X a été gravée parfois dans la partie inférieure. C’est comme un anus. Ce sont les caractéristiques de la représentation des femmes sur ce site.

Fig. 7. Galets gravés, provenant du site de Kamikuroïwa (Hokkaïdô), Jômon naissant, - 14 500 ans ~ - 12 500 ans. 
(Photo crédit : S.Onbe(2016)World of Kamikuroiwa cave site. News from Kumakogen town council, No.10, pp.1-2).

2-2-2. Dogû, figurines en terre cuite, Jômon naissant (- 16 000 ans ~ - 9 000 ans) 
À la période Jômon naissant, deux figurines en terre cuite, dogû, ont été découvertes dans le site de Kamiyuïjiri (Mié) et celui d’Aïdanikumahara (Shiga) à Honshû. Les seins des figurines sont volumineux, mais ni tête, ni bras, ni jambes. Les seins sont probablement un symbole de la fécondité. Ces figurines sont petites, 3 et 6 cm pour être portables. Par contre, les dogû du Jômon moyen sont grands, parfois de 30 ou même 45 cm, et leur ventre et leurs fesses sont très impressionnants.

2-2-3. Dogû, statuette féminine, Jômon moyen (- 5 000 ans ~ - 3 000 ans)
Le site de Tanabataké se trouve à Nagano, au centre de Honshû, où les sites de la même période sont très nombreux. La statuette est très grande parmi les dogû Jômon, et connue sous le nom de « Vénus Jômon », avec de petits seins, (fig. 8). Elle tient debout grâce à ses jambes volumineuses. Les sourcils et le nez sont marqués. Les artistes Jômon ont enfin représenté le visage humain. En général, le visage n’a pas été représenté jusqu’à la période Jômon ancien.

Fig. 9. Dogû, provenant du site de Nakappara (Nagano), Jômon  
tardif, - 4 000 ans ~ - 3 000 ans. (Photo crédit : Chino City, 
Togariishi Musuem of Jomon Archaeology).
Fig. 8. Dogû, provenant du site de Tanabataké  
(Nagano), Jômon moyen, - 5 000 ans ~ - 4 000 
ans. (Photo crédit : Chino City, Togariishi  
Musuem of Jomon Archaeology).
2-2-4. Dogû, statuettes féminines, Jômon tardif (- 4 000 ans ~ - 3 000 ans)
La dogû provient du site de Nakappara, département de Nagano, centre de Honshû, (fig. 9). Elle est de la période Jômon tardive. Le visage humain est triangulaire, les jambes sont volumineuses, son ventre est rond, son corps est orné de spirales et de traits. Cette statuette de Nakappara s’appelle « vénus masquée ». Si on la voit de profil, on voit très bien sa face triangulaire avec un masque.

Le site de Chobonaïno se trouve à Hokkaïdô. La statuette de ce site est grande, (fig. 10). L’intérieur de cette statuette est vide. Plusieurs petits trous ronds sur sa mâchoire représentent probablement une barbe masculine ou un tatouage. Mais il y a un trait vertical au bas-ventre qui fait 
penser que c’est une femme. 

Fig. 11. Dogû « à lunettes de neige », h: 36,1 cm; l: 28 cm,  
provenant  du site d’Ébisuda (Miyagi),
Jômon final, - 3 000 ans ~  2 400 ans 
(Photo crédit : http://webarchives.tnm.jp/). 
Fig. 10. Dogû, provenant du site de Chobonaïno (Hokkaïdô), Jômon tardif, - 4 000 ans ~ - 3 000 ans.
(Photo crédit : Hakodate City).
2-2-5. « Dogû à lunettes de neige », statuette féminine, Jômon final (-3 000 ans ~ - 2 300 ans)
A la période Jômon final, les statuettes d’un type particulier se trouvent partout à l’est du Japon, surtout au nord-est de Honshû, et aussi dans la région de Tokyo. Pour les grands yeux qui ressemblent à des lunettes de neige des ethnies du nord, elle s’appelle « dogû à lunettes de neige », (fig. 11). Les statuettes « à lunettes de neige » ne tiennent pas debout seules. La tête est ornée d’une coiffure élaborée aux cheveux en forme de couronne. Le nez se limite à un trou situé entre les deux yeux, et la bouche est placée juste en dessous. 

3. Poterie de la culture Jômon
Des éléments observables...
Le mot « Jômon » se compose de « Jô », qui signifie la corde et de « Mon » qui signifie le décor. Les poteries à décor par impression-rotation de cordes s’appellent « Jômon », Une grande partie des poteries du Jômon portent des traces de cordon. La culture Jômon a duré 13 000 ans. Il y a plus de 100 types de traces de cordon. La température de cuisson est basse, parce que les poteries sont cuites en plein air.  
 
Mais les poteries de Jômon ne sont pas toujours décorées avec des cordes. Il y a d’autres façons d’orner la poterie. Par exemple pour orner la surface des poteries, on appuie avec des coquillages, on pique le bout d’une branche de bois, on roule des bois sculptés, on pique successivement une branche de bois.  
 
A la période Jômon moyen, il y a quantité de poteries découvertes à Nagano, au centre du Japon. La poterie du Tônaï porte des décors à impression-rotation de cordes, (fig. 12). La poterie est ornée du dos d’une personne qui tient la poterie elle-même. Les deux bras en spirale rejoignent l’ornement abstrait de la poterie.  

Fig. 12. Poterie « en forme de Dieu », provenant du site de Tônaï (Nagano), Jômon moyen, - 5 000 ans ~ - 4 000 ans.
(Photo crédit : Idojiri Archaeological Museum).  

Le site de Sasayama (Niïgata) est très connu avec les jarres de poterie Jômon. C’est un site de la période Jômon moyen. Il y a quatre saillies comme une « crête-de-coq ». Le décor évoque des flammes. Donc, on les appelle « poteries en forme de flamme ». Il n’y a pas de décor fait avec des cordes, pour ce type de poterie.  
  
À l’ouest du Japon, aucune trace de décor cordé ne se trouve sur les poteries de la période Jômon tardive. Par contre, des traces de décor cordé se trouvent à l’est du Japon, même après la période Jômon. Les poteries ont été ornées parfois avec un serpent ou un sanglier au centre-est du Japon. 

Fig. 13. Figurine de marcassin en terre cuite, provenant du site de Hinohama. (Hokkaïdô), Jômon final, - 3 000 ans ~ - 2 400 ans  
(Photo crédit : Hakodate city).  

4. Représentation zoomorphe de la culture Jômon
Parmi les figurines zoomorphes, il y a l’ours à Tôhoku et Hokkaïdô, au nord-est du Japon, mais aucun cerf. Pourtant les cerfs ont été beaucoup consommés par les hommes de la culture Jômon. Les figurines de sanglier et surtout de marcassins se rencontrent au nord-est du Japon. Même à Hokkaïdô, une figurine de marcassin a été découverte, (fig. 13). Mais aucun sanglier ne vivait à Hokkaïdô à cette époque, à cause de la mer très profonde entre Hokkaïdô et Honshû, qui n’est jamais devenue terre même à l’époque glaciaire. Donc les hommes à l’époque apportaient probablement des marcassins de Honshû à Hokkaïdô.

La figure zoomorphe surgit au cours de la première moitié de l’époque Jômon final. La figurine du site de Bibi 4 (Hokkaïdô) ressemble à un animal marin avec des nageoires, ou bien à un oiseau aquatique avec des plumes, (fig. 14).  
 
Fig. 14. Figurine zoomorphe en terre cuite, provenant du site de Bibi 4 (Hokkaïdô), Jômon final, - 3 000 ans ~ - 2 400 ans.
(Photo crédit : Chitose City).  

À propos du Japon préhistorique dans l’Asie de l’est, la culture paléolithique du Japon, surtout à Hokkaïdô, est souvent commune avec celle du continent, et la culture Jômon est unique, mais aussi très variée selon la région.  
 
Remerciement  
Je dédicace cet article à Monsieur Robert Masson, qui m’a recommandée pour présenter l’art préhistorique du Japon à la SERPE aux Eyzies, il est décédé à l’automne 2017.  


BIBLIOGRAPHIE

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