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Acitivites aout 2019

SOCIETE D'ETUDES ET DE RECHERCHES PREHISTORIQUES DES EYZIES
Activités du mois d'août 2019...
DECOUVRIR LA PREHISTOIRE au Pôle International de la Préhistoire :                                                                              
Du 12 au 17 août après avoir passé en revue la chronologie nous sommes entrés dans les premiers détails de chacune des grandes périodes qui marquent le calendrier de la préhistoire.  

Chacune d’entre elles révèlent des outils, des techniques différentes, des sépultures ou des lieux de vie qui sont comme des marqueurs de l’évolution humaine. 

La paléoanthropologie n’était pas absente de nos propos de même que les grands problèmes liés à l’évolution telle que le créationnisme ou le darwinisme. 

Ces quelques jours ont permis de remettre à niveau les connaissances de chacun des présents, en tenant compte des nouveautés et progrès des sciences, et d’échanger sur tous les sujets qui intéressent vivement les participants de ces journées.  

Les après midi de cette première semaine sont souvent réservés aux visites des sites archéologiques autour des Eyzies. 
 
LES VISITES :                                                                             
- La grotte RICHARD aux EYZIES DE TAYAC :                                                                             
Cette grotte ne suscite pas un grand intérêt touristique. Néanmoins elle présente un grand intérêt archéologique. 

Elle s’ouvre Sud Sud Est dans la ligne de falaises rocheuses qui bordent la rive droite de la Beune à 35 m au dessus de la vallée. Bien sûr, il faut monter à pied pour l’atteindre.  

Elle est de forme ovoïde. Un porche de 9 m largement ouvert en permet l’accès. Elle est large de 15 m et profonde de 11 m. Le point le plus élevé de la voûte est à 5,4 m du sol actuel. 

Découverte par E. Lartet et H. Christy en 1863 qui trouvèrent sur le sol une brèche noire fort dure et pétrie d’os et de silex taillés. Ils en ont extrait une grande quantité de plaques actuellement dispersées. 

Cette grotte, occupée au moyen âge, fut en partie vidée de ses couches archéologiques rejetées sur les terrasses voisines. 

Ce n’est que vers 1903 que Peyrony eut l’idée d’explorer cette masse de terre cachée dans l’herbe qui était archéologiquement très riche. Cette brèche a livré de rares objets appartenant au Solutréen supérieur. Mais l’essentiel du matériel trouvé se rapporte au Magdalénien. De rares objets gravés ont été trouvés dont un galet portant sur une face un corps féminin acéphale et une côte d’herbivore. 

A noter aussi la présence d’une quantité énorme de morceaux d’ocre dont certain de forme allongée se terminant par une pointe traçante. Peyrony a émis l’hypothèse que les habitants de la grotte étaient peut-être les décorateurs de la grotte de Font de Gaume. 

Aucun vestige appartenant à des civilisations plus anciennes n’a été trouvé. Le fait est curieux car les terrasses voisines ont été occupées au Moustérien.
 
Sur cette côte d’herbivore découverte dans la grotte, un artiste magdalénien a fidèlement représenté un groupe de cinq bouquetins semblant galoper ensemble. (Photo https://musee-prehistoire-eyzies.fr/objet/cote-dherbivore)

- La grotte de BARA BAHAU, LE BUGUE :                                                                             
Située sur la commune du Bugue, elle présente à la fois un intérêt géologique et un intérêt préhistorique. Longue d’une centaine de mètres, d’une hauteur variant de 3 à 12 m, d’une largeur de 25 m elle s’ouvre sur un flan de colline. 

Elle se compose de deux salles. La première est encombrée par les effondrements de gigantesques blocs de pierre. 

La seconde renferme les remarquables gravures. Celle-ci ne fut découverte qu’au début des années cinquante par le spéléologue français Norbert Casteret et sa fille Maud. Elle fut d’ailleurs la première à remarquer et reconnaître les gravures pariétales. 

Disposées sur trois niveaux sur un unique panneau les figures pariétale sont au nombre de 26 et se divisent en deux thèmes : 
. environ 18 représentations animalières : Les équidés représentent 55 % du bestiaire et les bovidés 25 %;
. 8 signes dont deux sont des représentations humaines partielles : une main gravée et un phallus;

Les premiers occupants de la grotte furent les ours (Ursus spelaeus). Elle est attestée par de nombreux ossements retrouvés dans la deuxième salle et par des griffades qui rendent parfois difficile la lecture des gravures. 

Photo grotte BARA BAHAU

- L'abri de CAP BLANC :                                                                             
Sur un territoire de surface très restreinte sur la vallée de la grande Beune il existe plusieurs sites ornés du paléolithique : l’abri de Laussel, la grotte de la Grèze, la grotte de Commarque. Faisant face à cette dernière l’abri de Cap Blanc fut découvert en 1908. 

Il présente une magnifique frise sur la paroi de la voûte de l’abri. Quatorze animaux sont présents. Les sculptures, en bas relief, sont impressionnantes par leur monumentalité. 

Outre la frise, des outils et objets furent découverts tels que dents d’animaux et bâton percé. 

Enfin un squelette fut exhumé. Vraisemblablement il s’agit d’une femme. Le fossile original a été vendu au musée de Chicago en 1926. Le squelette présenté est un fac similé.  
L’abri de CAP BLANC

LES CONFERENCES au Musée National de la Préhistoire
- Alain BENARD : l’art rupestre de Picardie
Essentiellement présent dans l’Aisne et l’Oise il se caractérise par des représentations non figuratives. Il s’apparente à l’art rupestre de Fontainebleau. Une ressemblance géologique existe d’ailleurs entre les deux régions. On compare aisément les chaos gréseux des deux régions. 
Les sites étudiés se situent dans la région éponyme du Tardenoisien qui désigne une période du mésolithique.
 
L’art rupestre des sites visités est discret, clairsemé mais il a son importance pour comprendre l’occupation de la région par l’homme ainsi que sa pensée.
  
Quelques noms de sites : La Génévroye, le Buisson de la Chaussée, l’abri de la Fontaine Norbert de Chinchy, la fontaine Saint Martin, les abris ornés du géant et de la Hottée du Diable. 

L’abri de la Fontaine Norbert (PERSEE https://www.persee.fr/renderIllustration/pica_0752-5656_1998_num_3_1_T1_0035_0000_7.png)
- Alain LAMBRECHTS : l’homme préhistorique et l’environnement
On peut s’interroger sur l’environnement de l’homme préhistorique avec le sous entendu de l’environnement actuel. Les dérèglements connus actuellement sont-ils issus seulement des activités humaines ? 

Il faut savoir que les climats de la planète sont soumis aux conséquences de cycles astronomiques tels que : excentricité de la Terre par rapport au soleil dont, l’inclinaison et la précession des équinoxes. 

Outre les cycles astronomiques il existe aussi des causes géologiques comme la tectonique des plaques, les grands courants marins et atmosphériques ainsi que le champ magnétique terrestre. 

La biodiversité et l’évolution de l’être humain sont forcément dépendantes de ces lois de la nature. 

Précession des équinoxes (https://astronee.files.wordpress.com/2011/01/precession-of-the-equinoxes.png)
- Romain PIGEAUD : traces et rituels dans l’art des cavernes
Les fréquentations humaines dans les grottes ornées laissent des traces, des tracés, des empreintes et vestiges. Ils sont volontaires ou non, symboliques ou non et peut être utilitaires.
 
Peut-on observer tous ces ornements pour essayer d’y retrouver hypothétiquement des rites et rituels ? 

Le rite est une actualisation du mythe. Il peut être rejoué. 

Le rituel demande manipulation d’objets, récitation et autre mise en scène. 

La grotte ornée serait-elle dans ce cas, un lieu de symbole et/ou un sanctuaire ? 

Mains énigmatiques à Chauvet Pont d’Arc. Photo Claude Valette [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]
 - Florian BERROUET : des éléments de paysage dans l’art paléolithique ? 
On a coutume de considérer que les peintres ou graveurs de la préhistoire n’ont jamais représenté des paysages. Très peu d’éléments probants permettent d’infirmer cette constatation. 

Cela dit il existe des traces permettant d’ouvrir une voie de réflexion sur le sujet.
 
A Lascaux, la fresque dite des cerfs montre cinq protomés de cervidés interprétés comme galopant (ou nageant) en rivière. Les gerbes jaillissantes ou l’eau masquent les corps des animaux. 

A Chauvet, un dessin montrant un jaillissement sorti d’un cône est considéré comme une éruption volcanique de type strombolien.
  
Sur le site d’Abaunitz, en Espagne, on décèle sur une gravure un véritable plan de ce terroir : cours d’eau, mont, marécage, passage et traversée de rivière, chemin d’accès à la grotte et entrée de la grotte. 

Éruption de type strombolienne caractérisée par des gerbes ou projection de lave en forme de fontaine. Photo Rolfcosar, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5
- Pascal RAUX : Petites femmes de la préhistoire … de pierre et d’os …
L’art pariétal ou mobilier préhistorique a souvent représenté le corps des femmes. 

Ainsi la dame de Laussel sculptée sur une paroi, les fameuses statuettes dites Vénus.

Mais parfois il ne s’agit que de détails ou parties du corps : les signes dits vulvaires.
 
Moins connu mais très abondant l’art mobilier a représenté ces corps de femmes sur des phalanges de cheval propices à la gravure des attributs féminins. 

Il existe une grande porte ouverte sur l’étude de ces « statuettes ». 

Phalange de jeune cheval décorée de signes vulvaires provenant de l’abri Pille-bourse, Musée d’Aquitaine, Bordeaux. Photo, Musée d’Aquitaine.
- Aris SPYROPOULOS : Meurtre à Tisenjoch
On pense que tout a été dit sur Otsi, l’homme trouvé dans la glace des Alpes autrichiennes. 
Cela dit, les sciences progressent et l’analyse de cette momie n’est jamais finie. Il vient toujours un élément à étudier particulièrement, une découverte nouvelle etc. 
Pour cette raison il est toujours intéressant de faire périodiquement un bilan sur cet être humain. 

Reconstitution de la momie d'Ötzi présentée au musée de Préhistoire de Quinson (crédit photo : 120 [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]
- Brigitte VANACKER : Des mégalithes en péril
Dans un grand nombre de régions Françaises il existe encore des mégalithes. Ils sont souvent en mauvais état. Ce patrimoine est en danger. Il se dégrade sous l'effet du temps mais aussi à cause, parfois, d'actes de vandalisme et de pillage.
  
Ainsi en est-il des dolmens de Ligré, de Rou Marson des Trois Moutiers et de Beaumont en Verron. 

Parmi les tournesols, le dolmen de Ligré 
- Brigitte et Gilles DELLUC : Nutrition et sexualité au Paléolithique
Les nombreuses représentations féminines – partielle ou complètes – conduisent à se poser de nombreuses questions. Forcément plusieurs d’entre elles portent sur la sexualité de nos ancêtres du paléolithique. De même les représentations d’hommes ithyphalliques. L’art pariétal (ou mobilier) répond-il aux interrogations soulevées ? 

Si l’on se demande à quoi sert l’étude de la préhistoire, il est un domaine qui nous donne immédiatement une réponse : la nutrition. L’étude des pollens, des restes de repas, des ossements qui conservent les traces de la nourriture et des carences. Elle démontre la qualité et l’équilibre de la nourriture des paléolithiques qui permettrait de résoudre bien des problèmes modernes liés à la malnutrition.  

Parmi les tournesols, le dolmen de Ligré (Photo Tout Droits Réservés)
- Gwenn RIGAL : le sens perdu de l’art des cavernes
Quelle est la signification de l’art des cavernes ? Grande question qui ne trouve toujours pas de réponse définitive malgré la masse d’hypothèses formulée au fil du temps. 

Art pour art, totémisme, chamanisme, rites d’initiation, culte de l’ours, magie, code de chasse, fertilité, zodiaque préhistorique ou mythes liés à la genèse, toutes ces hypothèses sont passées en revue permettant d’élaborer une vision de cet art. 

Livre de GWENN RIGAL
 - Thomas WALBOTT : Brassempouy : histoire du site archéologique, découvertes emblématiques et perspectives d’avenir 

Classé Monument historique, le site est mondialement connu pour avoir livré une série de neuf statuettes féminines en ivoire de mammouth, dont la fameuse Dame à la Capuche. 

Découverte en 1894 par Edouard Piette et Joseph de Laporterie, cette statuette, sculptée il y a 25.000 ans, est l’une des plus anciennes représentations connues du visage humain. L’original est conservé au Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye, dont il est le joyau. Elle fut sculptée au burin de silex et était peinte à l’ocre. L’étude montre que seul le buste fut sculptée et bien que stylisée, la statuette est réaliste. 

Outre les statuettes d’autres objets d’art mobilier sont représentés : représentation de chevaux, phoques, bisons et autres. 

Les Grottes du Pape sont l’un des rares sites en Europe qui présentent l’ensemble des grandes cultures du Paléolithique supérieur (du Châtelperronien au Magdalénien) avec des niveaux d’occupation couvrant plus de 30.000 ans de l’histoire de l’humanité !  

Le site de la Dame à Brassempouy 
- Jean Claude MERLET : Préhistoire de la forêt des Landes : avant les pins… les hommes
On a l’impression avec l’emprise de la forêt que cette région constitue un « vide archéologique ». La forêt masque une autre réalité. 

Lors de nouveaux labours des repérages par drones sont exécutés et permettent d’observer certaines zones recélant des entités archéologiques probables.  

Ainsi 1700 entités ont été repéré à partir de la préhistoire jusqu’à la fin du 2m âge du fer. 

En 2019 deux sites du Magdalénien ont été fouillés, une dizaine de site paléolithique repérés. 

Le site de la Dame à Brassempouy (Photo, tout droit réservé)
 - Nathalie ROUQUEROL : La Vénus de Lespugue révélée. (Avec projection du film : Renaissance de la Vénus de Lespugue). 
La Vénus de Lespugue a été découverte en 1922 par R. et S. de Saint-Périer dans la grotte des Rideaux à Lespugue, en Haute-Garonne.  

Un coup de pioche brisa malheureusement la statuette en plusieurs morceaux lors de sa découverte. 

Elle a été découverte dans un contexte archéologique précis et bien renseigné. Elle est datée de 26000 à -24000 ans BP, période nommée Gravétien. 

La statuette est en ivoire de mammouth, elle mesure après reconstitution 147 mm de haut, 60 mm de large et 36 mm d'épaisseur. 

Depuis sa découverte elle fait l’objet de plusieurs interprétations plausibles. L’une des dernières est celle qui nous est présentée. 

Le film montre un sculpteur reconstituant les gestes de la préhistoire pour tailler à l’identique une copie de la statuette. 

Locutus Borg [Public domain] https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Venus_de_Lespugue_(replica).jpg
- Sortie culturelle le 20 août :
Visite du village médiéval de MARTEL : village agréable et touristique aux nombreux vestiges médiévaux témoin d’une très riche histoire. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Martel_(Lot) 

 
Visite guidée de la grotte de Foissac : Situé entre les Gorges de l’Aveyron et la vallée du Lot, cette grotte classée Monument Historique, est remarquable par sa minéralogie et sa préhistoire. D’accès facile pour tous, on peut y admirer ses magnifiques concrétions se reflétant sur les calmes plans d’eau de la rivière qui y serpente.  

http://grotte-de-foissac.fr/ 

L’une des sépultures dans la grotte

Pour lire les différentes interventions des journées de la SERPE :
Bulletin de la SERPE en cours d'élaboration. Parution prévue août 2020 réservé en exclusivité aux membres de l'association.

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